C'est quoi l'horloge de l'apocalypse ?
L'horloge de l'apocalypse (Doomsday Clock) est une horloge symbolique créée en 1947 par le Bulletin of the Atomic Scientists, une revue fondée à Chicago par des physiciens du projet Manhattan. Elle représente la proximité de l'humanité avec une catastrophe mondiale d'origine humaine. Minuit figure cette catastrophe ; la distance à minuit, exprimée en minutes puis en secondes, traduit le degré de danger. Depuis le 27 janvier 2026, elle indique 85 secondes avant minuit.
Qui la règle ?
Le Conseil scientifique et sécurité du Bulletin (Science and Security Board), une vingtaine d'experts en physique nucléaire, climat, biologie et technologies, en consultation avec le conseil des sponsors du Bulletin qui compte plusieurs lauréats du prix Nobel. Ils se réunissent deux fois par an et annoncent la position de l'horloge chaque janvier, lors d'une conférence de presse.
Comment est-elle calculée ?
Elle ne l'est pas, au sens mathématique. Il n'existe aucune formule : le chiffre est un jugement collectif qui répond à deux questions. L'humanité est-elle plus ou moins en sécurité qu'il y a un an ? Et qu'il y a 78 ans, quand l'horloge a été créée ? Les critères observés sont publics : état des arsenaux nucléaires et des traités, trajectoire des émissions et des températures, risques biologiques, et depuis peu technologies « perturbatrices » (IA, désinformation, espace).
Que signifient les différentes positions ?
- 17 minutes (1991) : le plus loin de minuit. Fin de la guerre froide, traité START, dissolution de l'URSS.
- 7 minutes (1947) : la position d'origine, choisie par l'artiste Martyl Langsdorf pour des raisons graphiques.
- 2 minutes (1953, 2018) : bombe H, puis effondrement de la maîtrise des armements.
- 100 secondes (2020) : première position exprimée en secondes.
- 85 secondes (2026) : le record actuel.
La chronologie complète détaille chaque mouvement.
Pourquoi ce n'est pas une prédiction
L'horloge ne dit pas quand le monde finira, ni même si il finira. Elle dit : « voici à quel point nous jugeons la situation dangereuse, et voici ce qui la rendrait moins dangereuse. » Chaque déclaration du Bulletin se termine par des recommandations concrètes aux gouvernements. L'aiguille a reculé neuf fois : c'est la preuve, par construction, que minuit n'est pas une fatalité.
Ce qu'on lui reproche
Trois critiques reviennent. Elle est subjective — vrai, et assumé par ses auteurs. Elle mélange des risques de nature différente (une guerre nucléaire est instantanée, le climat se déploie sur des décennies) — vrai aussi, et c'est pourquoi le Bulletin les détaille séparément dans sa déclaration. Elle serait alarmiste — le débat est ouvert ; ses défenseurs répondent que l'horloge a reculé chaque fois que les dirigeants ont agi, ce qui est l'inverse du fatalisme.
Et ce site ?
Ce site n'est pas l'horloge officielle et n'a aucun lien avec le Bulletin. Il l'explique, retrace son histoire, et propose un simulateur pour comprendre, de manière ludique, quels événements et quelles décisions pèsent sur l'aiguille. Notre méthode détaille comment nous fixons les poids.